Les hormones qui empêchent la perte de poids

par Madame Paleo

Les hormones qui empêchent la perte de poids

Les hormones qui empêchent la perte de poids

Lorsqu’on essaie de perdre du poids, on pense souvent à manger mieux et à bouger plus.

Pourtant, parfois, malgré tous nos efforts, les kilos en trop ne veulent pas partir.

Et là, ce n’est pas seulement à cause de ce qu’on mange. Les hormones, ces petites substances dans notre corps, peuvent aussi jouer un grand rôle.

Dans cet article, on va plonger dans le sujet pour comprendre comment certaines hormones peuvent vous empêcher de perdre du poids.




1. La mélatonine

La mélatonine, souvent appelée l’hormone du sommeil, joue un rôle crucial dans la régulation de notre rythme circadien, le cycle naturel qui orchestre notre sommeil et notre éveil.

Cette hormone est produite par la glande pinéale, une petite structure située dans le cerveau. Son rôle principal est de nous aider à nous endormir et à rester endormis, favorisant ainsi un sommeil de qualité.

Mais chez beaucoup de personnes, la production de mélatonine est perturbée, en grande partie à cause de notre style de vie moderne. On est toujours poussés à aller plus vite, plus loin, à être performants du matin jusqu’au soir, à jongler avec plusieurs tâches en même temps. Toute cette pression constante, ce stress incessant, fait que notre corps a du mal à passer en mode repos.

Et si on ajoute à cela l’utilisation excessive des smartphones juste avant de dormir, passant parfois une ou deux heures collés sur TikTok ou Instagram avant de se coucher, tout cela empêche notre cerveau de se détendre, ce qui bloque la production de mélatonine et perturbe notre sommeil.

Cependant, la mélatonine va bien au-delà de la simple gestion du sommeil, car il y a un lien étroit entre la mélatonine et la régulation du poids.

Un sommeil inadéquat, souvent le résultat d’un manque de mélatonine, perturbe l’équilibre des hormones de la faim, la leptine et la ghréline.

Une diminution de mélatonine est associée à une augmentation de la ghréline, une hormone qui stimule l’appétit, tandis que la production de leptine, l’hormone de la satiété, est réduite.

Ce déséquilibre hormonal peut entraîner une surconsommation alimentaire et ainsi entraver la perte de poids.




2. La leptine

La leptine, surnommée l’hormone de la satiété, est produite principalement par les cellules graisseuses ainsi que dans la paroi gastrique.

Elle joue un rôle important dans la perte de poids, car c’est elle qui signale au cerveau que nous avons suffisamment mangé et que nous pouvons donc arrêter de manger.

En d’autres termes, la leptine régule notre appétit en nous faisant ressentir la sensation de satiété.

Mais quand nous ne dormons pas suffisamment, la production de leptine est perturbée, entraînant une diminution de son efficacité, bloquant ainsi la perte de poids.

Un autre problème chez les personnes en surpoids est que si les niveaux de graisse corporelle sont élevés sur une période prolongée, cela peut conduire à une résistance à la leptine.

Ca signifie que, même si les niveaux de leptine sont élevés, le cerveau ne perçoit pas correctement les signaux de satiété, ce qui entraîne une suralimentation et un gain de poids.




3. La ghréline

La ghréline, aussi appelée l’hormone de la faim, est produite principalement dans l’estomac et joue un rôle majeur dans la régulation de l’appétit.

Lorsque l’estomac est vide, la production de ghréline augmente, signalant au cerveau qu’il est temps de manger.
Après avoir mangé, les niveaux de ghréline diminuent, contribuant à la sensation de satiété.

Plusieurs facteurs peuvent influencer la production de ghréline.

Outre le sommeil perturbé et le déséquilibre hormonal lié à la mélatonine et à la leptine, le stress chronique et les habitudes alimentaires irrégulières affectent également la production de ghréline.

Une augmentation de la ghréline entraîne une sensation accrue de faim, incitant potentiellement à manger plus que nécessaire et à entraver la perte de poids.


En résumé, le lien entre ces trois hormones est le suivant :

Le manque de mélatonine déclenche un mauvais sommeil, perturbant ainsi les niveaux de leptine et de ghréline, les hormones clés régulant notre appétit.

Avoir un sommeil de qualité est donc une priorité. Pour plus d’informations et de conseils à ce sujet, lire cet article sur le lien entre le sommeil et la perte de poids.




4. Le cortisol

Le cortisol, l’hormone du stress, est produit par les glandes surrénales en réponse à des situations stressantes.

Bien que le cortisol soit essentiel pour réguler notre réponse au stress, des niveaux chroniquement élevés de cette hormone ont un impact négatif sur la perte de poids.

Si vous aimez cet article, vous allez adorer celui-ci :  Commencer le jeûne intermittent – le guide du débutant

Lorsque nous sommes stressés, notre corps entre en alerte et se prépare au combat ou à la fuite, grâce à la libération d’adrénaline et de cortisol.

Après la période de stress, le cortisol nous pousse à manger des aliments riches en glucides pour récupérer l’énergie dépensée au combat et pour nous préparer au stress futur.

À l’âge de pierre, cette réponse hormonale était cruciale pour faire face à des dangers immédiats, tels que la rencontre avec un prédateur.

En revanche les situations stressantes modernes, comme celles liées au travail, aux enfants ou à l’argent, ne nécessitent que très rarement une réaction de survie similaire ni une dépense énergétique liée au combat ou à la fuite.

Mais notre corps ne fait pas la différence entre les sources de stress, donc le mécanisme stress = besoin de remplir les réserves d’énergie (= manger des glucides) reste le même.

De plus, notre stress moderne est souvent continu, car il se répète tous les jours, soit au travail, soit à la maison, ou les deux cumulés.

Le stress continu (donc le stress chronique) entraine une surproduction du cortisol et donc une surconsommation de glucides, ce qui est très mauvais pour la santé, entre autres à cause du stockage de la graisse abdominale.

Autre problème : Le cortisol a un effet sur la régulation du métabolisme du glucose.

Une de actions du cortisol est de favoriser la libération du glucose dans le sang à partir des réserves de glucose stockées dans le foie.
L’augmentation du niveau de glucose dans le sang est utile à court terme, car cela fournit de l’énergie rapidement disponible pour faire face au stress/au combat.

Mais si le niveau de cortisol reste élevé en raison du stress chronique, la libération de glucose dans le sang devient excessive.

Quand le sucre dans le sang augmente, le pancréas libère de l’insuline en réponse.




5. L’insuline

Fabriquée par le pancréas, l’insuline joue un rôle essentiel pour contrôler la quantité de sucre dans le sang, appelée glycémie.

Son rôle principal est de permettre aux cellules de notre corps d’absorber le glucose, comme source d’énergie, à partir du sang.

Comme déjà vu dans le point précédent, le stress chronique a des répercussions directes sur l’insuline.

Petit rappel : le stress conduit à une sécrétion continue de cortisol, ce qui engendre une élévation du glucose sanguin. Cette hausse du glucose induit à son tour une augmentation du taux d’insuline, dont le rôle est de réduire le niveau de sucre sanguin.

Lorsque le glucose reste constamment élevé à cause du stress, le niveau d’insuline suit la même tendance, pouvant entraîner une résistance à l’insuline.

La résistance à l’insuline signifie que les cellules deviennent moins sensibles à l’insuline et ne réagissent pas aussi bien à son signal pour absorber le glucose.

Cela conduit à une accumulation de glucose dans le sang, ce qui entraîne finalement des problèmes métaboliques, tels que la prise de poids, l’obésité et le développement du diabète de type 2.




Que retenir de cet article « Les hormones qui empêchent la perte de poids » ?

Tout est directement relié ! Il s’agit d’un cercle vicieux hormonal, qui est difficile à rompre.

Pour résumer : quand nous dormons mal, nos hormones de la faim et de la satiété, la leptine et la ghréline, se mettent à mal fonctionner, ce qui nous donne envie de trop manger, et influence notre capacité de ressentir la satiété.
De plus, le manque de sommeil augmente notre niveau de stress. Le stress chronique, lui, active la libération du cortisol, perturbant ainsi la régulation du glucose et conduisant à une résistance à l’insuline. L’insuline, en retour, favorise le stockage des graisses, contribuant ainsi à la prise de poids.
Et, pour terminer, le stress lui-même influence directement la qualité du sommeil, créant un cercle vicieux qui renforce les impacts négatifs de chaque élément.

Un mauvais sommeil génère du stress, qui perturbe à son tour le sommeil, et cette boucle se répercute sur l’équilibre hormonal.

Pour casser ce cercle vicieux, il faut agir sur tous les fronts : gérer le stress, améliorer la qualité du sommeil et faire attention à notre alimentation.

En faisant ça, nous pouvons défaire ces nœuds et relancer la perte de poids avec sérénité.




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19 commentaires

Nadjib 7 septembre 2023 - 22:01

Un article très éclairant. Ce cercle vicieux hormonal est une réalité à laquelle de nombreuses personnes sont confrontées. Heureusement, l’article propose des conseils pratiques pour rompre ce cycle et retrouver un équilibre hormonal propice à la perte de poids. Merci 👍

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Line - La baguette math 7 septembre 2023 - 11:04

Article très instructif ! J’ignorais que la mélatonine jouait un rôle aussi important dans la régulation du poids. Il est temps de repenser mes habitudes avant de dormir ! Merci de nous rappeler que la perte de poids va bien au-delà des simples calories. La gestion du stress et un bon sommeil sont tout aussi important!

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Caroline 6 septembre 2023 - 12:04

Merci Jessica pour cet article super intéressant 🙂 ! C’est une excellente synthèse des interactions complexes entre les hormones. Le cercle vicieux hormonal est bien expliqué, montrant comment une mauvaise qualité de sommeil peut déclencher une série de réactions négatives. Avoir une approche holistique est ultra précieux lorsque l’on veut perdre du poids.

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Elise 6 septembre 2023 - 07:38

Merci pour cet article très clair. On a souvent tendance à se focaliser sur l’alimentation et l’activité physique, mais comprendre les sources de stress au quotidien est essentiel. De même que s’assurer d’une bonne qualité de sommeil.

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Revillard 5 septembre 2023 - 22:09

Merci Jessica pour cet article, l’on ne pense pas toujours aux différentes imbrications des éléments du corps humain. La complexité de ce dernier est fascinante.

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Valérie, Madame Pas de Soucis 5 septembre 2023 - 11:21

Ça me fait plaisir de tomber sur un article où le premier élément cité est en rapport avec le sommeil !
C’est fondamental pour perdre du poids et tellement peu connu !
Moi je sais que toutes les périodes de ma vie où j’ai pris du poids ca a été quasiment systématiquement en lien avec des nuits trop courtes ! Pas assez de leptine, trop de ghreline…et une fatigue en journée qui pousse à manger pour continuer d’avancer en appelant du carburant supplémentaire facile (plus facile de manger un truc sucré pour avoir du glucose que de déstocker les graisses !)

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norelle sara 4 septembre 2023 - 18:53

Merci pour toutes ces infos. Je ne savais pas tout cela or je prends du poids en ce moment sans changer mon alimentation. Je croyais que c’était l’approche de la cinquantaine… mais je viens de découvrir que je faisais des apnées du sommeil donc c’est peut-être la cause de ma prise de poids…

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Madame Paleo 6 septembre 2023 - 08:26

Oui, cela est fort probablement lié. Mais la ménopause, ou la préménopause (vu que vous approchez des 50 ans, vous y êtes probablement) a également un impact sur la perte de poids et la prise de poids. Les changements hormonaux qui surviennent pendant cette période ainsi que les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil et la perte de la masse musculaire rendent la gestion du poids plus complexe.

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Oxana 4 septembre 2023 - 17:55

Merci beaucoup pour toutes ces explications très facile à la compréhension !
C’est toujours passionnant d’en apprendre davantage sur le fonctionnement de notre corps et les mécanismes qui se mettent en marche sous l’influence de notre style de vie.
Donc pour moi, l’objectif est désormais plus clair : afin de récupérer mon poids normal, il vaut mieux que je me concentre en permanence sur la diminution de mon stress chronique et la récupération du sommeil !
Ton article montre une fois de plus l’importance d’adopter les bonnes habitudes et de prêter plus d’attention non seulement à ce que nous mangeons, mais aussi à notre bien-être émotionnel.

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Chris 4 septembre 2023 - 13:19

Merci pour ces explications très claires sur les différences hormones. Comme quoi le sommeil de qualité est tellement important, et sans cela toutes les hormones sont modifiées. Je ne connaissais que la leptine qui pouvait influer sur la prise de poids, maintenant je sais qu’il en existe d’autres, donc merci à toi!

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Samantha 4 septembre 2023 - 10:24

J’aime beaucoup ton analyse, et tu montres clairement que tout est relié ! Bref, il faut dormir, c’est déjà une bonne première étape. J’ai lu une étude il y a peu de temps qui montrait que depuis 50 ans, le temps de sommeil avait chuté et le temps de travail également… Donc où est le problème ? C’est notre temps de « loisir » qui occupe désormais une part croissante de nos journées, mais surtout de nos nuits. Je pense qu’on peut vraiment creuser ce sujet : qu’est-ce qui nous semble si important pour nous laisser sacrifier notre temps de sommeil ?

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Mélanie 4 septembre 2023 - 10:18

En effet, on dit souvent que le sommeil joue un rôle important dans la perte de poids et la maîtrise de son poids en général, mais c’est super intéressant de découvrir les coulisses de notre corps ! Merci pour ça, c’est tellement bien expliqué ! C’est logique finalement, mais quand on comprend comment ça se passe, c’est aussi plus simple d’y remédier !

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Maud 4 septembre 2023 - 10:16

Merci pour cet article très bien fait, concis et clair. Je suis bien d’accord que l’idéal est d’agir sur tous les fronts (stress, sommeil, alimentation) mais est-ce que commencer par un seul paramètre n’aurait pas une influence sur ce cercle vicieux ? Et cela permettrait de ne pas se mettre une pression démesurée, source de stress et donc mauvais pour la ligne ?

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Madame Paleo 6 septembre 2023 - 08:22

Absolument, comme tout est lié, commencer par un seul paramètre aura déjà un effet positif sur toute la chaine 🙂

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De Bouvère 4 septembre 2023 - 09:11

Merci pour cet article. Étant en préménopause, j’ai malheureusement beaucoup de difficultés à dormir, réveillée par des chauds- froids constants. J’espère que cela n’aura pas d’impact à terme sur mon alimentation et mon poids. Si vous avez des conseils, je suis preneuse.

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Madame Paleo 4 septembre 2023 - 09:16

En effet, la période de préménopause peut avoir un impact significatif sur le poids et l’alimentation. Le manque de sommeil, les changements hormonaux et la perte de masse musculaire peuvent jouer un rôle. Il y aura d’ailleurs bientôt un article complet sur ce sujet 🙂

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Pascal Quionquion - Heureux au Présent 4 septembre 2023 - 09:10

Merci Jessica pour cet article. En le lisant, j’ai repensé à mes cours de Naturopathie.
J’aime tout particulièrement le fait que tu mettes l’accent sur l’importance du sommeil. Nous recommençons à y être sensibles ces dernières années, mais nous avons beaucoup de retard en ce qui concerne son importance au point de le considérer comme un plat de résistance nécessaire.

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Flore 4 septembre 2023 - 09:02

Merci Jessica pour ton article! De mon coté au niveau du sommeil ça se passe plutôt bien mais je vois que c’est plutôt le stres qui a un impact sur mes fringales. Je vais essayer de porter plus de conscience sur ce mécanisme. Très belle journée!

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Hélène 4 septembre 2023 - 08:47

Merci pour cet article clair et complet.
La santé doit se penser de manière globale et le someil et crucial. Merci pour se rappel qui me motive à continuer mes résolutions de septembre ! ☺️

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